Europe et Monde Tables Rondes

L’Union européenne dans le quotidien des Limousins et des Périgourdins

Votre magazine d’Info mensuel “La Table Ronde du G.R.A.L” d’avril 2019 s’intéresse à l’actualité européenne à l’échelle locale.

Le 26 mai 2019, les citoyens européens seront amenés à élire leurs euro-députés. Traditionnellement moins plébiscitées par les français (abstention en 2014 : 56,5 %) les européennes sont souvent vues au travers d’un prisme national. Cette abstention est le plus souvent due à une méconnaissance des organes dirigeants européens, notamment de “ces règles de fonctionnement et d’organisation complexes”.

Pourtant l’UE joue un rôle quotidien important dans la vie de la France, de ses régions, ses départements et communes.

Pour souligner le poids des institutions bruxelloises à l’échelle locale et le rôle capital du citoyen dans sa propre histoire européenne, contextualisé par le Brexit et la montée de l’euroscepticisme, le G.R.A.L a invité à sa Table ronde du mois d’avril, trois experts des enjeux européens :

  • Jean-Paul Denanot (Ex-euro-député et Président de la région Limousin).
  • Jean-Louis Clergerie (Professeur émérite de droit de l’Union européenne à la Faculté de Droit et des Sciences Économiques et Sociales de Limoges).
  • Daniel Bernussou (Président de la maison de l’Europe en Limousin)

 

Zoom sur l’Europe en Limousin et Périgord.

Au micro, Lucile Auconie et Loîc Bongeot pour cette émission mensuelle présentée par Sébastien Péjou.

 

Les Périgourdins et Limousins sont-ils les grands oubliés français ?

Pour les trois experts, “Non! Du moins, pas plus que d’autres”.

Avec 750 millions d’euros sur les 2,4 milliards alloués au budget de la Nouvelle-Aquitaine, la répartition est équitable et suffisante. L’Europe donne beaucoup aux collectivités “dans un soucis de subsidiarité*” pour permettre la rationalisation de la production et l’amélioration des structures agricoles.

Les 3 millions de subventions versées à la cité du cuir de St Junien sur les 10 millions requis ou les 12 millions versés pour la reconstitution des grottes de Lascaux sont, pour Daniel Bernussou, des indicateurs importants de la place de l’UE dans la vie agricole mais aussi culturelle des départements.

“Sans ces financements c’est beaucoup plus difficile” .

Les trois invités de cette Table ronde s’accordent pour dire que les dysfonctionnements dont on peut être témoin sont surtout dus à la mauvaise organisation des institutions françaises puisque 80 % des fonds européens sont gérés par les régions. Ils n’ont pas eu de mal à s’entendre non plus sur l’importance de l’UE dans la paix internationale, la libre circulation, la politique positive engagée pour la jeunesse, et votent tous en faveur d’une Europe de la transparence, moins contraignante, pour une communauté plus sociale et moins libérale.

 

Le Brexit : une aubaine contre le populisme ?


“Si le Brexit pouvait renforcer la cohésion autour de l’Europe, on pourrait dire : merci l’Angleterre.”

 

Selon Jean-Louis Clergerie, la décision de la Grande-Bretagne de quitter l’Union européenne reflète toutes les difficultés voire “l’impossibilité” de quitter cette communauté.

Plusieurs effets s’illustrent au travers de ce divorce mais un point fort se dégage clairement : “Plus aucun parti populiste ne se prononce pour sortir de l’UE”. En effet selon l’expert, les difficultés engendrées par le Brexit pour les Anglais depuis 2016 sont grandissantes ; ce qui a au moins comme avantage de pouvoir potentiellement calmer les envies de sortie parmi les États-membres de l’Union européenne, dont le président français semble être l’un des derniers remparts europhiles .

Pourtant, pas de fumée sans feu.

“l’Europe n’est pas suffisamment sociale” : Daniel Bernussou.

Est-elle vraiment si loin de nous ? Dans des départements ruraux comme le Périgord et le Limousin, loin s’en faut.

 

Le scepticisme des agriculteurs au plaisir des lobbys

Selon Jean-Paul Denanot, le positionnement est encore difficile pour les agriculteurs locaux. La question est sur toutes les lèvres :  

“Sans glyphosate comment va-t-on faire ?”

Pour l’ancien euro-député, d’autres alternatives existent bel et bien. “La rotation des plantes” en est une, même si il admet “qu’on ne peut pas supprimer le pesticide du jour au lendemain”. 

Effectivement, l’Union européenne s’est bien prononcée pour l’abandon du glyphosate d’ici 5 ans, mais “sans deadline” . Ce qui signifie que l’UE pourra autoriser de nouveau son utilisation à la fin de ce délai. Ce qu’il faut selon lui, c’est une décision politique forte.

Pas facile sous la pression des lobbys. Jean-Louis Clergerie précise que “la pression est active et pesante […] il faut donc une volonté très forte pour y résister. Il faut faire front !”

Là est la place de l’euro-citoyen !

“Il faut exercer son droit de vote pour élire des députés capables de faire face au lobbying économique”, c’est l’occasion pour les votants de placer des représentants empreints d’indépendance. “Ça doit partir d’une réelle prise de conscience des électeurs, puisque ce sont les députés qui élisent la Commission” la seule habilitée à proposer des projets de loi qui ont un impact évident à l’échelle locale.

Le vote reste donc la meilleure solution pour agir sur son futur européen.

 

Aller plus loin :

Livre : “L’Europe de la dernière chance” de Jean-Louis Clergerie aux éditions JDH.

Événement : LE JOLI MOIS DE L’EUROPE 

 

L’émission est en podcast sur les sites internet de nos radios : 2https://emergencefm.com/emission/magazines/quelle-europe-pour-demain/

Erwan Chassin
Journaliste au GRAL

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