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Une commune de 150 habitants sur le point de disparaître en Haute-Vienne ?

La commune de Rempnat sur le plateau de Millevaches n’a pas de candidat pour le second tour des élections municipales. Il n’y a aucun cas similaire en Limousin et en Dordogne. Cette situation extraordinaire va déclencher une procédure qui peut aller jusqu’à sa disparition. 

mairie de Rempnat via Wikimedia Commons

 

“Gérer les affaires courantes”

Dimanche 28 septembre 2020, les habitants de Rempnat ne pourront pas aller voter pour élire un nouveau conseil municipal. A la place, la Préfecture de la Haute-Vienne va envoyer, dans les 8 jours qui suivent, une délégation spéciale constituée de 3 membres puisque la ville compte moins de 35 000 habitants. Celle-ci choisit généralement des habitués de l’administration et des pouvoirs publics comme des retraités de la fonction publique, des anciens gendarmes… Cette délégation possède des pouvoirs très restreints, elle est seulement chargée de “gérer les affaires courantes et préparer dans les 3 mois de nouvelles élections” comme l’indique Benoît D’Ardaillon, directeur de la citoyenneté à la préfecture de la Haute-Vienne, interrogé par Sébastien Péjou du GRAL, avant de préciser: “la gestion des affaires courantes c’est payer les factures, gérer le personnel “. La délégation ne prendra pas de décisions “qui engagent l’avenir“.

Une situation qui pourrait susciter des vocations

Une nouvelle élection, spécifique à Rempnat, aura donc lieu en septembre afin de laisser le temps à un ou plusieurs candidats de se présenter. “Il y avait des potentiels candidats mais aucun ne souhaitait prendre le mandat de maire” poursuit Benoît D’Ardaillon qui “espère qu’il y aura des vocations pour cette mission-là“. Sinon une prolongation de la délégation spéciale par le préfet et de nouvelles élections pourraient avoir lieu ce qui bloqueraient la situation encore plus longtemps. Si il n’y a toujours pas de candidat, alors une fusion avec une autre commune serait envisageable. Benoît D’Ardaillon reste sceptique quant à cette possibilité: “ce n’est pas une décision anodine, c’est quelque chose qui se décide au niveau du ministère de l’Intérieur donc ça ne serait pas avant plusieurs mois. C’est vraiment en dernier ressort qu’on arrivera à cette alternative“.

Une longue période de flou attend les habitants de Rempnat qui vont avoir du temps en plus pour constituer une liste, même incomplète, qui permettrait d’éviter que leur ville disparaisse en fusionnant avec une autre. 

L’interview complète de Benoît D’Ardaillon au micro de Sébastien Péjou du GRAL à écouter ci-dessus.

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